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Face Yin

"Feuille blanche réservée aux réflexions complémentaires, aux dessins, à la calligraphie, à la philologie des idéogrammes... de la page de droite et aussi aux remarques  des lecteurs et lectrices."

"Réflexion sur le caractère (Ta), exemple de l'Encyclopédia Universalis.


Même échec que dans le livre de Margouliès "La langue et l'écriture  chinoise", à propos de la valeur universelle des idéogrammes chinois, et dans celui de R. Grousset "Histoire de la Chine", au chapitre se proposant d'expliquer le Tao. Le petit pas en avant constitué par la présentation d'un idéogramme chinois dans un texte en écriture alphabétique, laisse en réalité le lecteur s'égarer sur une fausse piste avec une bonne boussole.

Il est bien entendu que la signification en anglais de l'idéogramme chinois (Ta) est selon le cas, "tall", "high" ou "big", qu'en français elle est "grand" ou "grande", et "gross" en allemand. Mais une telle traduction n'est pas capable  de rendre compte du signe lui-même. Elle réduit son symbolisme divinatoire à une utilisation linguistique, comme à un équivalent d'écriture alphabétique.

Il est absolument dramatique que ce texte attribuant apparemment aux idéogrammes chinois un caractère universel ait passé sous silence et enterré tous les philologues chinois qui ont créé 214 clés d'idéogrammes et de là, plus de 50000 mots, ainsi que le montrent les dictionaires chinois.

Ce mot ne doit pas être cloisonné ni limité dans ses significations. Il ne désigne pas seulement la taille de quelque chose ou de quelqu'un. Sa philologie liée au taoïsme mérite un approfondissement qui fut le sujet de mes cours donnés à la Pagode-Auditorium Wan Yun Lou  de Rambouillet.

Tous les passages du Tao te King comportant ce mot impliquent cette philologie qui n'est pas traduisible en écriture alphabétique, telle que l'Encyclopédia Universalis en donne l'illusion en traduisant pas "grand", "tall", "high", "big", ou "gross".

Pour l'instant, je préfère ne pas en dire d'avantage... Un quartier d'orange n'est pas l'orange entière. Le plus grand mensonge n'est-il pas de prendre un portion de vérité pour la vérité totale ?"

"Faut-il ajouter ce que contient le mot "hao" cité ci-dessus : l'idéogramme "tze", s'il veut dire "fils, signifie aussi "graine" et "maître".

Génie de l'idéographie chinoise ! Le véritable maître, celui qui veut maîtriser une connaissance se met au niveau "tze", fils, enfant, car c'est ce dernier qui enseigne.

Il faut voir, dans une perspective de réincarnation évolutive, que ce fils, masculin, est une graine, qui alors n'est ni masculin, ni féminin dans le sens originel de Mère.

À l'image du T'Ai Ki,, le graine est à nouveau le symbole de la co-existence de contraires, de l'alternance du Yin-Yang, puisqu'au chapitre I du Tao Te King, il est dit : "Le Tao... est la Mère de l'univers."

Quand le Fils (tze) est dans la maison, (pour faire vivre la tradition entre ascendants- descendants... étude de la philologie... au lieu de se bagarrer dans la rue ou voler chez les voisins) il devient le mot qui veut dire Idéogramme.

Ce mot "Fils" est le premier d'une série de 12 mots ayant la même valeur astrologique, numérique et zodiacale.
De même que les idéogrammes "Amour", "Tao", "Accouchement" ... lui aussi a subi des opérations chirurgicales au fil de milliers d'années. En perdant tous ses cheveux (une sorte d'antenne de télécommunication reliant Ciel-terre-Homme) il a été défiguré en , monstrueusement par rapport à l'image de sa naissance :   L'occident dualiste l'a coiffé d'une perruque : la télévision. À force de la porter, l'enfant, le Fils, souffre de constants maux de tête. Je le soigne avec beaucoup de peine...
Le sort de l'humanité dépend de la qualité embryonaire du Fils, qui est une graine, une pousse trinitaire   devant sortir de la terre. Constatée biologiquement dégénérée, cette pousse déja mangée par les insectes, a été soumise par l'occident dualiste au traitement de la bombe atomique"

 


         Yin                         Yang

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Face Yang

Revenant sur l'explication du taoïsme, il m'est inutile de dire d'avantage de bêtises, puisque des tonnes de livres ont traité le sujet depuis l'existence du Tao Te King, "Livre sur la nature du Tao", traduction plus couramment connue sous le titre "Livre de la voie de la vertu".

Comment ce "Livre sur la nature du Tao" est-il devenu en français le "Livre de la voie de la vertu" ? Une méprise sur le sens du titre ? ou de façon plus générale, la déroute devant un "croque-mitaine" comme en trouvent souvent les traducteurs occidentaux dans les textes chinois.

Ne voilà-t-il pas de ces épouvantails rugueux et épineux qui m'ont forcée à rompre avec les loups-garous qui se disent amis ou élèves, compagnons ou adeptes ?

Le chinois est intraduisible, le Tao est inexplicable.

V
ictimes de la Tour de Babel, ma langue et ma plume sont devenues paresseuses.

Pourquoi rêver d'hisser le grand pavois de l'affinité entre une personne née d'un langage alphabétique et une autre vivant dans un monde idéographique ?

Dans le soucis de faciliter au public francophone une approximative compréhension, voici un texte de M. René Grousset, auteur aimant notre pays.

Il écrit page 13 dans son ouvrage "Histoire de la Chine" :

"Le cycle de la vie paysanne, on le voit, se calque étroitement sur le cycle des saisons. De cette conformité pourrait bien dériver les premières conceptions chinoises sur l'univers et tout d'abord le premier "classement" des choses en deux catégories générales, classement que nous verrons présider par la suite et jusqu'aux temps modernes à tous systèmes philosophiques chinois sans exception. La vie paysanne archaïque, on l'a vu, se divisait très rigoureusement en période de réclusion hivernale où dominaient les travaux féminins (c'était la saison des tisserandes), et période de travaux agricoles en principe réservés aux hommes. D'après une distribution analogue, toutes les choses seront par la suite réparties entre deux principes ou modalités : le principe Yin qui correspond à l'ombre, au froid, à la rétractation, à l'humidité et au genre féminin, le principe Yang qui correspond à la chaleur, à l'expansion et au genre masculin. Ces deux principes, commes les phases saisonnières sur lesquelles ils semblent se modeler, s'opposent et, en même temps se conditionnent, s'appellent et se muent l'un en l'autre. leur interdépendance ou, si l'on préfère, l'ordre qui préside à leur alternance et à leur mutation sera l'ordre même du monde comme de la société, ou, comme disent les chinois, sera le Tao, notion centrale qui, nous le verrons, deviendras la clé de voûte de toutes les doctrines philosophiques ultérieures, mais dont, ici encore, il faut chercher l'origine dans les premières conceptions naturalistes d'un peuple d'agriculteurs."

Un fait regretable doit être constaté: dans bien des études sur l'histoire et la civilisation chinoise, je ne trouve pas un seul caractère chinois, encore moins d'analyse sur ces idéogrammes.

Les auteurs, les sinologues, ont peut-être pensé qu'il était inutile d'entrainer les liseurs d'alphabet dans de telles recherches sur l'origine et le contenu des carctères chinois.

Mais de ce fait, ils n'ont pas contribué à établir un dialogue entre deux modes de pensée totalement différents.

Le chemin de la pensée "alphabétique" et celui de la pensée idéographique sont toujours aussi éloignés l'un de l'autre.

Prenons par exemple ce mot Tao ?
Ce n'est rien d'autre que de la prononciation du mot chinois Tao.
Si vous me le demandez, comment écrivez-vous le Tao ?
La réponse ne peux pas être autrement que : T comme Thomas, A comme André, O comme Odile de même qu'on dirait P.T.T., U.D.R. ou C.C.P.
Ceci est absolument insensé. Dans le dictionnaire chinois, 23 mots de sens différents se prononcent Tao, 35 autres se prononcent T'ao et Tao est aussi un nom de famille.
Quel rapport ont tous ces mots avec le Taoïsme ?
Le seul son, selon lequel on reconnaît les mots dans la langue alphabétique, n'a pas la même importance dans la langue chinoise.
C'est la forme des caractères, l'image qui déterminent le sens, indépendamment du son.
Ainsi, pour essayer de mieux comprendre le sens de Tao, il faut remonter à la forme qu'il prenait aux temps archaïques.
Selon les chinois, le terme "évolutions" alternance cyclique de Yin-Yang est différent de l'idée de "Suite de transformations, dans un même sens, en avant", sans retour, contrairement à la loi du Tao, qui est circulaire, comme le retour du jour ou du printemps.
Les écritures alphabétiques sont composées d'un petit nombre de lettres, vingt-six pour le français, tandis que les idéogrammes chinois sont des agrégats logiques issus de deux cent quatorze clefs, symbole d'une classification fondamentale.

La philosophie taoïste a de tous temps, été orientée vers la recherche et le maintien d'un équilibre entre des forces Yin, Yang complémentaires, dont elle veut assurer la co-existence.
Dans un monde où l'équilibre biologique est gravement perturbé où l'homme est souvent oublié, nié, soumis, dans les rouages des économies et des idéologies, il est de plus en plus nécessaire d'établir parallèlement à un courant qui semble s'acheminer vers de grandes catastrophes, disons vers la destruction de la vie et la destruction de la mort naturelle, car, il faut comprendre que, pour les naturalistes du Tao, la mort naturelle n'est pas une destruction, un autre courant qui interroge le premier et lui réponde.

À chacun sa voie.
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